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Korblog, le blog de Kornog

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Après un an de navigation et deux mois de confinement, ce blog est au repos...

Souvenirs de lecture (2)

Souvenirs de lecture (2)
Bonjour à tous ! C’est Véronique qui ouvre le bal des livres ce matin. Hier elle nous a ouvert l’appétit avec son lieu à l’oseille, sa charlotte aux framboises et ses sachets de lavande. Aujourd’hui, elle nous livre son secret…

 

"Pas de grands auteurs, pas de grands textes, mais un livre que j’ai retrouvé récemment dans un carton. Ce livre était un cadeau de Noël de... 1973. Je l’ai parcouru dans tous les sens et j’ai fait nombres des bricolages qu’il contient. Il m’a accompagnée dans mes grands et nombreux moments de solitude à la maison (pas simple d’être la petite dernière d’une fratrie beaucoup plus âgée que moi). Il m’a aussi, et surtout, appris à ne jamais m’ennuyer, à créer. Son retour est finalement bienvenu dans cette période de confinement." Véronique, Lorient.
Le "passe-temps" de Véronique.

Le "passe-temps" de Véronique.

"Je viens de finir de relire L’amie prodigieuse (Elena Ferrante) et Lena et Lila me manquent déjà … Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire ce soir sans elles ?

C’est une amie qui me l’avait conseillé, le thème m’intéressait : un roman d'initiation, qui insiste sur l’importance de l’éducation (l’école, l’université, lectures) et qui raconte une grande amitié avec comme toile de fond Naples.

Naples est une ville tellement particulière : sur un golfe magnifique, riche de monuments, avec le Vésuve derrière, ensoleillée, parfumée, chantante. Mais c’est aussi une ville violente, bruyante, malodorante, angoissante.  C’est cette ville-là qui est représentée dans le livre et qui est toujours présente, même quand Lenu ira habiter ailleurs, dans des villes plus tranquilles et plus bourgeoises.

C’est l’histoire d’une amitié qui durera 60 ans (d’où les 4 livres), entre Lila, forte, rebelle et talentueuse et Lenu, bonne élève consciencieuse, bien élevée, soumise. Ce n’est pas une amitié "à l’eau de rose", au contraire la générosité alterne avec les coups bas, d’un côté comme de l’autre. Mais c’est une amitié indispensable. L’analyse psychologique est profonde et impitoyable. Si ce roman fascine autant, c’est qu’on a l’impression que le livre parle de nous.

Le titre en italien, L’amica geniale, donne aussi l’occasion de s’interroger sur ce qu’est le génie : un don de naissance ou un long travail sur soi, laborieux et ingrat ?

Bref, un livre incontournable ! " Claire, à Rome.

Les ami-e-s de Claire.

Les ami-e-s de Claire.

Un des livres qui m'a le plus marquée est sans nul doute "La conjuration des imbéciles" de John Kennedy Toole (1980). 
Ignatus est le personnage principal, ses deux passions sont manger et écrire la nouvelle organisation mondiale dans des cahiers de brouillons. Pro croisade, royaliste, obèse et narcissique, il vit dans la Louisiane crado des années 80, dans une petite baraque avec sa mère qu'il maltraite sans gêne et avec vigueur. Il est le sauveur de l'humanité, à coup d'inquisition contre les femmes, les libertaires et les athées, parce que monsieur est allé à la fac. Il attaque des lycées, monte des croisades de salariés syndiqués pour prendre le pouvoir, mène la vie dure à ses proches et crée des émeutes dans les centres commerciaux. Mais le meilleur moment reste sa promenade en tant que vendeur de hot dog en uniforme, à lancer des saucisses sur les flics et à se goinfrer jusqu'à ce qu'on ressente ses remontées gastriques….. Sans aucune gêne, son système digestif est simplement au cœur de la narration. J'ai écris plusieurs phrases pour décrire mon expérience de lecture, mais je n'arrive pas à le décrire tant ce roman est un OVNI. Ce roman a été retrouvé par la mère de l'auteur, à la mort de ce dernier, et elle a insisté pour le faire publier. Ecrivain inconnu et autodidacte, le roman fait un carton. Et pourtant comment le décrire, sans parler de l'histoire puisqu'il n'y en n'a pas vraiment. Comment faire la part des choses, entre la narration et le contexte réel d'écriture, chaque lecteur espère au fond de lui que ce roman ne soit pas autobiographique. L'ambivalence est omniprésente, ce personnage abject qui haït l'humanité et la maltraite, est pourtant décrit sans violence, voire même comme un nounours sensible de l'estomac. La mère n'est pas alcoolique, elle cache simplement sa bouteille de vin dans le four. L' inertie et le dédain d'Ignatus paraissent presque spirituels. Quant au bien et au mal, qui sommes nous pour en juger ? "Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui."  
Ce roman nous malmène tout en nous faisant rire à gorge déployée. Il est pour moi un superbe travail sur la narration qui rend les personnages à la fois simples et terriblement mystérieux et réussi à garder en haleine un lecteur qui n'a aucun récit sur lequel s'accrocher. J'ai fini ce livre en ayant ri jaune et noir, mais en ayant l'impression de n'avoir presque rien compris.  Qui est le génie et qui est l'imbécile ? Lucille, à Lugy.
Le livre qui fait rire (et réfléchir) Lucille.

Le livre qui fait rire (et réfléchir) Lucille.

Plutôt que de parler d’un seul livre, je préfère rendre hommage à la littérature et à la lecture. Quel plaisir de découvrir ces personnages, dont seule notre imagination nous permet de partager la violence de leurs sentiments et l’audace de leurs actes.
Alors courage, n’ayons pas peur de relire les mémoires de Chateaubriand, les romans de Balzac, de Stendhal, (Le Rouge et le Noir ! Pendant des pages on attend le moment où Julien Sorel effleure le bras de Madame de Renal), de Dostoievski, Solienitsine. Pour ceux qui veulent du léger, je suggère les romans de Colette, de Dumas, de Loti ou Mauriac ?
En ces temps de désolations et de confinement, les Oraisons funèbres de Bossuet : sincèrement, je les ai lues, elles sont très belles et plus que jamais d’actualité. Anny, d’Avignon.

Anny, une semaine avant le confinement, dans une salle d'attente.

Anny, une semaine avant le confinement, dans une salle d'attente.

"Je n'achète quasiment jamais de livre, je les trouve au petit bonheur la chance...
Dernièrement, je suis retombée sur un livre qui m'avait particulièrement plu, j'en ignore l'origine...
L'histoire se passe au XVIIe siècle en Flandre. L'histoire est très bien écrite et fait voyager en Flandre mais aussi à Lille. Elle nous tient en haleine et à travers la trame historique de la Flandre Gallicane, nous informe de tous les détails de la vie quotidienne de l'époque. Et le Nichôt n'est pas si nigaud que cela ....Il devient petit à petit philosophe..." Danielle, Loos.
Le livre qui a fait voyager Danielle en Flandre.
Le livre qui a fait voyager Danielle en Flandre.

Le livre qui a fait voyager Danielle en Flandre.

"J’essaie de me souvenir des livres qui m’ont "marqué".
Pour l’enfance, l’avant guerre, j’ai souvenir surtout de Hector Malot et d’Erckmann-Chatrian, puis du Hugo des « Misérables ». Pour l’adolescence (vécue  en Moselle annexée, "allemande"), j’ai eu la chance de trouver dans un pré des livres français (promis à la destruction) : des opuscules de philosophie, une grosse Littérature Française, et pratiquement presque toute l’oeuvre poétique de Victor Hugo. Je m’en suis nourri durant quatre années !

Ensuite, le premier a été  sans aucun doute La condition humaine de Malraux. Et puis, juste avant mon départ pour mon premier voyage en Italie J’irai cracher sur vos tombes de Vernon Sullivan (Boris Vian).  Ensuite, deux  nouvelles de Heinrich Böll, l’une tragique, Passant, si tu vas à Spa…, typique de la littérature d’après guerre, l’autre pleine d’humour : Les silences complets du docteur Murke.
Je lis vite, et ne me rappelle pas de jour sans lecture. Mais il me semble que l’essentiel de ce que j’ai lu, tout au cours de ma vie  professionnelle,  "servait" : à des cours, des conférences, etc.
Depuis, c’est surtout des auteurs auxquels je suis fidèle, des essayistes ou mémorialistes que je relis : George Steiner, Claudio Magris, Raymond Aron, François Tchang, aussi Jorge Semprun.
Merci de m’avoir donné l’occasion de réfléchir à cela."  Pierre, Avignon.

Vous l’avez peut-être deviné, les insatiables lecteurs avignonnais, Anny et Pierre, ne sont autres que mes parents… Ils lisent même ce blog "intergénérationnel" chaque jour. Intergénérationnel, quel vilain mot pour désigner quelque chose de sympa ! La plus jeune contributrice des textes d'aujourd'hui est âgée de 24 ans et le plus assidu des abonnés de Korblog de 94 ans.

Merci à vous tous pour votre participation. On continue la découverte de vos livres préférés demain. Continuez à m’envoyer vos textes sur vos lectures ou sur vos trucs et astuces pour résister au confinement. Aujourd'hui on n'entame que la troisième semaine. On a encore du temps devant nous. Bonne journée à tous, et bonne lecture !

 

Je vous rappelle l'adresse : he.criture@gmail.com

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Isa 31/03/2020 10:49

Je ne dois pas être une amie prodigieuse ... je n'ai pas du tout accroché !
Alors que la plupart de mes amies ont aimé ? bizarre, non ?