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Korblog, le blog de Kornog

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Après un an de navigation et deux mois de confinement, ce blog est au repos...

Les deux pesos de Cuba

Les deux pesos de Cuba

Salut camarades ! Un élément frappant à Cuba est l’utilisation de deux monnaies. Les Cubains payent leurs achats en pesos nationaux, communément appelés pesos, ou CUP. Parallèlement, il existe une deuxième monnaie, le peso convertible, surnommé CUC, utilisée dans les hôtels, les restaurants, les marinas et tous les endroits fréquentés par les étrangers. Pour simplifier disons qu’un peso convertible (CUC) équivaut à un euro et à 24 pesos nationaux (CUP).

A gauche les pesos nationaux, à l'effigie des héros de la Nation. A droite les convertibles. Vous aviez déjà vu un billet de 3 ?

A gauche les pesos nationaux, à l'effigie des héros de la Nation. A droite les convertibles. Vous aviez déjà vu un billet de 3 ?

En théorie, les touristes ne sont pas censés faire des achats dans les magasins qui ne leur sont pas réservés. En pratique, on fait ses courses où on peut, car il n’y a pas grand-chose à acheter et on passe sont temps à chercher la monnaie adéquate et à essayer de calculer combien on dépense, en sachant que les prix ne sont pas les mêmes si vous êtes Cubain ou étranger.

Par exemple dans les musées, quand un Cubain paye 1 CUP, nous payons 1 CUC, soit 24 fois plus ! Quand nous sommes allés au théâtre, c’était gratuit pour les Cubains et 10 CUC pour nous. La moitié du revenu mensuel d’un retraité.

Dans la boutique qu'on aperçoit derrière le panneau, on ne pouvait payer qu'en pesos. On a mangé un sandwich pour 33 centimes.

Dans la boutique qu'on aperçoit derrière le panneau, on ne pouvait payer qu'en pesos. On a mangé un sandwich pour 33 centimes.

Autre exemple, un jour nous avons mangé dans un bouiboui local où il n’y avait pas de touristes. Pour deux assiettes de poulet rôti + riz + haricots rouges (en gros ce qu’on mange tous les jours ici), l’addition s’élevait à 19 pesos, c’est-à-dire moins d’un CUC, donc moins d’un euro. Dans un restaurant classique (pas luxueux), il faut compter entre 7 ou 8 CUC l’assiette, soit 20 fois plus.

Dernier exemple, sur l’île de la Jeunesse, nous avons pris le bus pour aller de la marina à Nueva Gerona (environ 40 kilomètres). A l’aller, comme on partait d’un endroit "touristique", le chauffeur nous a demandé trois CUC chacun, ce qui nous semblait déjà très raisonnable. Mais au retour, comme on est monté dans le bus en ville, sans être repéré comme touristes, on a payé le tarif local : un peso. Autrement dit, 72 fois moins, pour effectuer le même trajet !!! ça laisse rêveur.

 

Ceux qui ont la chance d’avoir une voiture ou une villa deviennent chauffeur de taxi et ouvrent des chambres d’hôte.

Ceux qui ont la chance d’avoir une voiture ou une villa deviennent chauffeur de taxi et ouvrent des chambres d’hôte.

Ce double système crée des écarts énormes entre les gens qui travaillent pour les étrangers et les autres. La conséquence est simple : les médecins et autres employés de l’Etat préfèrent transporter des touristes en pédalant sur un pousse-pousse, plutôt que de gagner une misère en soignant les malades. Et il en va de même pour une bonne partie de la population. Nous avons fait une visite guidée de La Havane avec un informaticien.

 

L’approvisionnement étant difficile, on se débrouille. Ces légumes nous ont été donnés en échange d’une cannette de bière.

L’approvisionnement étant difficile, on se débrouille. Ces légumes nous ont été donnés en échange d’une cannette de bière.

Concernant les magasins, ils sont difficiles à trouver et très peu achalandés, y compris les supermarchés chers, où les navigateurs essayent de se réapprovisionner. Les Cubains ont droit chaque mois à une ration de nourriture de base : 1,5 kilos de riz, du poulet, des haricots rouges, de l’huile, du sel, du sucre, etc. Ils reçoivent pour cela une sorte de ticket de rationnement qui leur permet d’aller chercher ces marchandises dans les boutiques.

Dès qu’un magasin reçoit des marchandises accessibles aux Cubains, il y a la queue devant la porte.

Dès qu’un magasin reçoit des marchandises accessibles aux Cubains, il y a la queue devant la porte.

Lorsqu’un commerce reçoit un lot de marchandise, par exemple des bouteilles d’huile ou des cuisses de poulet, on le sait tout de suite car il y a la queue devant la porte. L’autre jour, on s’est fait avoir. On voulait acheter du fromage (trop cher pour les Cubains) mais on a choisi le mauvais moment. Alors qu’une heure auparavant il n’y avait personne, quand on est repassé, il y avait la queue pour des bouteilles d’huile. On a laissé tomber. Mais ne vous inquiétez pas pour nous, on a des réserves sur le bateau... et dans les fesses.

 

 

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