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Korblog, le blog de Kornog

Korblog, le blog de Kornog

Après un an de navigation et deux mois de confinement, ce blog est au repos...

Quelques visages du Siné Saloum

Quelques visages du Siné Saloum

Salut les toubabs ! Aujourd'hui j'ai envie de vous présenter quelques-unes des personnes que nous avons croisées dans le Siné-Saloum, juste pour le plaisir et pour les remercier pour leur gentillesse et leur accueil.

Quelques visages du Siné Saloum
Un ancien fauteuil du Club Med (le même que ceux de Gilles au Guilvinec), transformé en balançoire.

Un ancien fauteuil du Club Med (le même que ceux de Gilles au Guilvinec), transformé en balançoire.

Pour commencer, parlons des enfants, qui sont nombreux, joyeux, sérieux, rieurs, polissons et curieux de tout. Lors de la séance de couverture des livres, à l'école de Bassar, il a fallu en sélectionner quelques-uns car ils voulaient tout participer. Quand on les a vus débarquer avec leur tablier et leurs petits ciseaux, on s'est dit que ça allait être la foire et qu'on n'arriverait à rien. Et bien pas du tout. Ils ont tout de suite compris et imité nos gestes. Visiblement, ils n'avaient jamais entendu le mot "scotch" et répétaient sans arrêt "le scotch" en se tordant de rire. En une heure, tous les livres étaient couverts et Gilles était... scotchté !

Photo ! Photo ! Tous les enfants veulent être sur la photo.

Photo ! Photo ! Tous les enfants veulent être sur la photo.

Dès qu'on arrive dans un village, les enfants se précipitent vers nous, pour nous toucher, nous prendre par la main et nous accompagner là où nous allons. Ils nous demandent tous de les prendre en photo et après ils se marrent en regardant leur tête sur notre téléphone. Parfois, ils nous réclament un cadeau, mais c'est rare et ils n'insistent pas. Les filles adorent me tripoter les bras. Elles les trouvent poilus et gloussent dans mon dos.

Pour visiter le bateau, les ados du village sont venus jusqu'à nous à la nage. Et repartis avec une casquette qu'il ne fallait surtout pas mouiller.

Pour visiter le bateau, les ados du village sont venus jusqu'à nous à la nage. Et repartis avec une casquette qu'il ne fallait surtout pas mouiller.

Quelques visages du Siné Saloum

Les ados. Ils sont beaux, grands, costauds et ils rêvent tous d'aller vivre en Europe. Les adolescents du Saloum n'ont qu'une chose en tête, quitter leurs îles, où ils ont à peine un ballon pour jouer au foot dans le sable, et passer en Espagne, en Allemagne ou en Italie. Pourtant, ils parlent français, mais la France "c'est trop compliqué pour y entrer". Il y a dix ans, ils partaient par le Mali, la Libye et l'Italie. Ensuite, il y a eu une filière en pirogue, en passant par les Canaries. Aujourd'hui, ils prennent l'avion jusqu'au Maroc et essayent de traverser vers l'Espagne par Gibraltar. Deux semaines avant notre arrivée, cinq jeunes des villages du Saloum s'étaient noyés en tentant la traversée.

Quelques visages du Siné Saloum

Les filles, elles, ne rêvent à rien. Leur avenir, c'est le mariage. D'après ce qu'on nous a dit, il n'y a plus de mariages précoces dans les villages, mais beaucoup de filles quittent le collège parce qu'elles sont enceintes.

Eugène et Jean-Claude sont venus voir les livres pour la bibliothèque sur le bateau, avant qu'on les apporte au village (c'était le soir, il faisait déjà sombre).

Eugène et Jean-Claude sont venus voir les livres pour la bibliothèque sur le bateau, avant qu'on les apporte au village (c'était le soir, il faisait déjà sombre).

Jean-Claude Mbengue et Eugène Ndecky enseignent tous les deux à l'école de Bassar et ont été nos guides pendant cinq jours. Eux et leurs collègues sont les rois du scrabble. Ils s'affrontent de préférence en duel et gagnent avec des mots improbables, validés par une mystérieuse application téléchargée sur leur téléphone, comme le verbe "hier" (il hiera, troisième personne du singulier) ou un "ewe" dont personne ne sait de quoi il s'agit, mais qui est, paraît-il, un mot scrabble. Encore merci à tous les enseignants pour leur gentillesse.

 

Seynabou Senghor.

Seynabou Senghor.

Je n'avais pas pris de photo de Seynabou, alors j'ai demandé à Monsieur Mbengue de m'en envoyer une. Seynabou trottine dans le village de Bassar comme une petite souris, avec son arrière-petit fils accroché dans le dos. C'est la "maman" des étrangers et des toubabs en particulier (les toubabs, ce sont les blancs, comme nous). Dès qu'une nouvelle personne arrive à Bassar, Seynabou lui prépare à manger et lui chercher un logement. C'est ce qu'elle a fait pour Jean-Claude quand il a été nommé à Bassar comme enseignant. Seynabou est une perle rare et généreuse.

 

Khadi, dans sa gargote.

Khadi, dans sa gargote.

Dans sa minuscule gargote, Khadi vend du pain et sert des petits déjeuners à tout le village : une petite baguette cuite au feu de bois, fendue en deux et généreusement remplie de ragout de petits pois. Le tout servi avec un "café" , du thé Lipton très fort et très sucré, dont le goût varie chaque jour en fonction de la dose d'épices qu'elle y a ajoutée. Khadi ne parle pas français, et je ne parle ni wolof, ni cerer la langue locale, mais nous sommes devenues amies au premier sourire.

 

 

Une petite fille albinos du village de Bassoul.

Une petite fille albinos du village de Bassoul.

Les albinos sont nombreux en Afrique, bien plus que dans le reste du monde, souvent concentrés dans certains villages, comme ici à Bassoul. Ils ont été longtemps rejetés, voire tués. Leur espérance de vie reste très limitée. Ils souffrent terriblement du soleil, qui leur brûle la peau, les yeux et les lèvres. Nous sommes allés à leur rencontre à Bassoul, pour déposer un lot de casquettes au centre de santé où ils sont soignés. Sur ce sujet vous pouvez lire un article sur le site de Voiles sans frontières.

Ibrahima Ndiaye, fils du chef du village de Diogane et "animateur communautaire"

Ibrahima Ndiaye, fils du chef du village de Diogane et "animateur communautaire"

Ibé (Ibrahima, ci-dessus) est le fils du chef du village de Diogane, Salif (ci-dessous) le fils de l'imam. A eux deux, ils essayent de rendre leur village attractif en organisant la vie communautaire. Par exemple, les femmes sont autorisées à cueillir les ditakhs (prononcer ditares) dans la brousse (ce sont des fruits dont on extrait le jus) le dimanche et le mercredi, de 7 heures à 14 heures. Le lendemain, une pirogue emmène les paniers au marché de Djifer. Sur chaque panier, une commission de 2000 francs CFA (3 euros) est prélevée. L'argent sert à financer des équipements collectifs, comme le collège.

Salif Ndong, fils de l'imam de Diogane.

Salif Ndong, fils de l'imam de Diogane.

Salif a également aménagé un joli jardin, à l'entrée du village, où nous avons passé beaucoup de temps à papoter en buvant du thé et grignotant des arachides grillées. Il encourage les habitants à se lancer dans la culture, et ça marche. Nous avons vu beaucoup de petits jardins cultivés aux abords des maisons. Il aimerait développer le tourisme ici. Si vous voulez, je vous donnerai l'adresse.

On voit beaucoup d'ânes et de chèvres dans les rues. Dans les villages où il y a une communauté chrétienne comme ici (on voit l'église) on croise même des petits cochons.

On voit beaucoup d'ânes et de chèvres dans les rues. Dans les villages où il y a une communauté chrétienne comme ici (on voit l'église) on croise même des petits cochons.

Les biquettes, les canards, les poules et les ânes se promènent en liberté dans les villages, dans les cours d'école, mais aussi dans les jardins. En picorant tout ce qui traîne, les animaux font office de service de ramassage des ordures ménagères (hormis les plastiques). Mais ils détruisent aussi les cultures. Sachant que les clôtures en bois sont rongées par les termites et que le grillage métallique coûte cher, c'est un casse-tête sans solution.

Le manguier sous lequel les enseignants jouent au srcabble.

Le manguier sous lequel les enseignants jouent au srcabble.

Le baobab à l'entrée de Diogane.

Le baobab à l'entrée de Diogane.

Les ditakhs, qui ressemblent à des kiwis très durs, se vendent à la ville pour en extraire le jus.

Les ditakhs, qui ressemblent à des kiwis très durs, se vendent à la ville pour en extraire le jus.

Les arbres procurent l'ombre, les fruits, le bois pour les pirogues et le feu. Ils sont indispensables à la vie, et plus que jamais, je me dis que nous devons respecter la nature si nous voulons préserver la planète. Sur ces bonnes paroles, nous allons repartir, avec trois semaines de poubelles dans le bateau, car il n'y a pas de service de traitement des ordures dans le Siné-Saloum. Tout est brûlé dans la brousse, y compris le plastique.

J'aurais pu aussi vous parler de la mangrove au lever et au coucher du solei, des barques qui glissent sans bruit entre les palétuviers, des ciels étoilés, du chant des oiseaux... mais on ne peut pas tout raconter.

J'aurais pu aussi vous parler de la mangrove au lever et au coucher du solei, des barques qui glissent sans bruit entre les palétuviers, des ciels étoilés, du chant des oiseaux... mais on ne peut pas tout raconter.

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Catherine Bouvier 09/01/2019 21:35

Bonjour Hélène
Merci pour ces beaux portraits
Beaucoup de choses sont dites avec pudeur et simplicité
Quand au mot éwė qui effectivement est admis au scrabble c'est une population de la cote du golfe de Guinée:Ghana,Togo c'est aussi un dialecte et cest bien sur tres utile pour placer le w au scrabble.
Bises
Catherine

Cécile 25/11/2018 21:28

De belles rencontres!
Cela fait du bien de lire tous ces commentaires.
Merci de ce partage et "bon vent" pour la suite de votre voyage.
Bises

Hobopok 25/11/2018 15:10

Thermite : termite victime de réchauffement climatique.

Hobopok 25/11/2018 15:04

Pour savoir ce que veut dire "ewe", il faudrait demander à Déti Amegee, 61ème promotion de l'ESJ, originaire du Togo et ewe certifiée bon teint.

Delphine 25/11/2018 10:46

Et pourquoi pas publier un livre de ton merveilleux voyage ????. J'adore lorsque tu me racontes les histoires. Gros bisous

Olivier 25/11/2018 10:12

Supers tes portraits et ces tranches de vie ! Bravo Chef et bons vents.